← Back to letters29/04/18 Elles partirent de bonne heure et revinrent à la nuit. Nous n'oublierons jamais les conversations que nous avons eu avec cette jeune fille. Ma femme était si impressionnée qu'elle me confia que maintenant elle croyait vraiment qu'ils étaient d'Umo. De plus, ce même jour, le 27, Dei 98 vint me dicter différentes choses parmi lesquelles des lettres que vous recevrez. Dans l'une il annonçait la nouvelle de l'arrivée au Brésil, en Bolivie, et en Espagne de leurs nefs interplanétaires. Il me dicta d'autres rapports et me dit qu'il continuerait à le faire dimanche et mardi car il ne savait pas si sa supérieure leur donnerait à tous l'ordre de partir mais il pensait que oui, car il était certain que personne ne débarquerait plus des nefs et que tous ses frères avaient reçu ordre de se regrouper au Brésil, Bolivie, et Espagne en quittant tous les autres pays où ils étaient. Je lui demandais s'ils reviendraient et il me répondit qu'il ne savait même pas s'ils allaient partir. Je lui ai demandé aussi si elle le savait ou s'ils attendaient des ordres de ceux du vaisseau et il me répondit qu'il n'était pas nécessaire d'attendre les vaisseaux pour connaître les ordres (ils appellent leurs nefs Oauelea-ueba-oemm) et qu'elle savait mais qu'elle n'était pas coutume de donner des explications à ceux qui étaient sous ses ordres. Mais qu'il préférait quand même me dicter certains documents pour que je les envoie à certaines personnes à des dates déterminées et cela pour le cas où l'ordre de partir serait donné. (Il me fit taper trois autres documents pour trois personnes qui résident à Paris et Lyon, écrits en français.) Le jour suivant dimanche après-midi, Yu 1 revint sans sa sœur mais accompagnée par Asoo trois et par un autre que je ne connaissais pas, très jeune et qui ne parlait pas non plus l'espagnol (ou qui ne voulait pas le parler). Ils me remirent des petits paquets à expédier et une enveloppe pour moi en me demandant de ne pas l'ouvrir et Asoo trois me dit en tête-à-tête que, quoi qu'il arrive, je garde le silence sur mon identité car, s'ils revenaient sur Terre, un autre monsieur et moi étions leurs seules relations en Espagne. Yu un nous fit ses adieux le mardi matin en disant qu'elle ne dormirait plus chez nous et qu'elle passerait la nuit aux alentours de Madrid. Dei 98 vint la chercher et ils montèrent dans un taxi dont j'ai noté le numéro d'immatriculation. Au moment du départ, nous étions très impressionnés. Je ne les ai plus revus. J'ai appris l'arrivée de la nef par les journaux. Dans l'un il y avait même des photographies. Toute la nuit ma femme et moi avions passé la nuit du mercredi à nous promener près de "La Casa de Campo et Argüelles" car ils nous avaient dit que l'arrivée du vaisseau était plus probable le mercredi que le jeudi. Le jeudi, nous restâmes jusqu'à onze heures du soir près de la cité universitaire et, comme il ne se passait rien, morts de sommeil, nous sommes rentrés. L'après-midi suivante nous avons appris la nouvelle par le journal Pueblo et nous avons acheté tous les journaux de l'après-midi pour avoir des nouvelles. De plus nous les avons appelé par téléphone mais ils ne répondaient pas. Moi je n'avais aucun doute depuis longtemps, mais ceci s'il en restait finit de me convaincre ainsi que mon épouse. Je ne sais pas si je rêve et si vous n'étiez pas là, vous qui receviez leurs lettres, ma femme, mon beau- frère et les nouvelles des journaux, je croirais que je suis fou. Ceci est la chose la plus importante que j'ai connu dans ma vie et s'ils ne m'avaient pas demandé d'être discret, cela ne me ferait rien qu'on me prenne pour un fou et je le crierai aux quatre vents. Une seule chose me préoccupe maintenant. Pourquoi sont-ils partis ainsi, si vite et tous ? Le dimanche soir nous eûmes ma femme et moi une longue conservation avec elle. Elle nous donna de merveilleux conseils sur la nourriture sur l'éducation des enfants. Nous avons parlé des voyages spatiaux des Américains sur la Lune et elle nous raconta des choses sur l'astronomie qui nous laissèrent bouche bée au point que moi qui étais complexé au début car c'était presque une gamine, je me sentis dominé par elle et je ne sais pas comment on en vint à parler de toute cette histoire entre l'Égypte et les Juifs. Je lui demandai ce qu'elle en pensait et elle nous dit de nous tranquilliser, qu'il n'y aurait pas de guerre mondiale. Mais ensuite elle resta pensive et elles se regardèrent entre elles très significativement. Ensuite comme elle s'était aperçue que nous avions remarqué ce regard elle répéta d'une voix assurée qu'il fallait être tranquillisée que cette guerre n'aurait pas lieu. Mais j'ai retourné cette histoire dans tous les sens. Pourquoi sont-ils partis tous et si rapidement ? On dit que les rats abandonnent le navire avant qu'il commence de couler. Ils faisaient leurs études, ils me dictaient leurs documents scientifiques et d'autres choses et puis subitement. Nous ont-ils dit qu'il n'y aurait pas de guerre comme on ment aux enfants avant un bombardement pendant la guerre ? Ils sont très au courant de la politique et des armements. Dei 98 m'annonça à l'avance l'heure exacte de l'explosion de la bombe chinoise, heure qui fut confirmée par les journaux (chose qui me fit penser que ma femme avait raison et que c'étaient bien des espions). Enfin, je m'étais soulagé avec vous car cela était nécessaire. Je pense écrire ce soir une autre lettre à une autre 832 / 1373
Lettre Ummite#834