← Back to letters29/04/18 donnaient pas les ordres par caprice, ni de les prendre pour des maniaques. J’avais l’habitude de laisser une marge à gauche du papier, mais une fois ils ne me laissèrent pas mettre de marge pour épuiser la page et ce n’était pas faute de papier, quitte à utiliser les espaces et entre les mots et comment je devais mettre les traits d’union. Ils faisaient des choses bizarres, par exemple, ma machine a deux signes d’interrogation ? et ¿ et ils savaient qu’en castillan le premier ¿ se pose devant, et dans certaines lettres ils me la faisaient mettre en fin de phrase, ou bien les deux en dessous, dans d’autres rien, ou pas d’accents et par contre il y avait des lettres où ils faisaient une remarque à chaque mot et s’il y avait quelque chose à corriger, ils n’utilisaient pas le crayon bille mais il fallait refaire la feuille, il est clair qu’ils faisaient tout cela avec plaisir sans se fâcher ni élever la voix le moins du monde. Ils ne consentaient pas à ce que j’utilise du papier calque et m’apportaient beaucoup de marques et chaque fois ils me disaient quelle marque utiliser, tout cela était fait pour nous habituer à la discipline puisqu’ils sont très disciplinés et souvent, bien que sans offense, ils faisaient voir le peu de discipline que nous avons ; et je dis à l’autre monsieur qui recevait les dictées, dans l’autre lettre, qu’ils étaient très sévères et qu’ils ils écrivaient puis corrigeaient jusqu’aux caractères, s’ils étaient fortement ou faiblement imprimés. Quand le sieur DEI venait, il était le meilleur et le plus connu parce qu’il venait souvent, il s’asseyait sur un canapé ou dans un fauteuil dans la salle à manger, si nous nous mettions au bureau dans l’appartement, il fermait les yeux pour dicter. Je le vois dire une chose qu’on ne croira jamais, et Dieu sait qu’elle n’est pas mentionnée. Quand il se levait, il était temps d’écrire, un jour il me dit vous avez fait erreur. Quand j’écris je regarde le clavier car je n’ai pas appris la méthode aveugle aussi ce que je vois est sûr. Il me stupéfiait en suivant les yeux fermés. Je lui demande s’il sait par télépathie et il me dit en souriant que non, qu’il n’y avait aucun mystère mais qu’à force de m’entendre taper, il savait que chaque touche avait un son et que parfois il se rendait compte mais que pour ne pas me gêner ou pour voir si j’allais corriger, il ne me disait rien et ensuite quelqu'un me dit qu’ils n’étaient pas d’UMMO et d’autres choses pour me calmer. Bon, il me dit de m’efforcer de copier en respectant les lignes, les traits d’union, et s’il y avait quelque erreur qui m’avait échappé, c’était inévitable et aussi les signes de ponctuation, bien qu’il constate que dans l’original manquaient les points et les virgules car, c’était bizarre, ils corrigeaient les uns et me disaient de ne pas mettre les autres exprès. La seule faute déjà faite dans l’original, ce sont les lignes censurées que l’on ne peut comprendre qu’à l’aide de l’autre original non censuré. Seules les notes 16 et 17 avaient été écrites en entier, il n’était pas sûr si elles étaient censurées ou non, j’étais contrarié parce que je les avais égarées, comme j’avais déjà fait le travail et envoyées il y avait quelques jours selon l’ordre. Je mets en noir les notes écrites pour mon compte et qui n’étaient pas dans l’original pour qu’on sache qu’elles sont de moi. Comme je dessine mal, et que de plus ils avaient été inégaux, quand il y beaucoup de travail je donne à mon beau-frère les dessins pour qu’il sorte les copies et après avoir découpé les écrits à la machine, il les relie en feuillets et je n’ai rien de plus à dire de particulier. Je continue sans rien savoir. Maintenant que je crois qu’ils sont ici de façon que je pense ni me mobiliser ni rien faire de plus jusqu’à qu’ils m’appellent ou viennent une autre fois. Si je leur ai fait quelque chose, Dieu sait que ce ne fut pas fait avec intention, et je sais qu'ils ne sont pas vindicatifs. Et rien d’autre jusqu'à ma prochaine lettre. Vous savez que je ne peux signer, mais comme ils se comportent bien, je préfère suivre le conseil de ne pas donner mon nom. FIN DE LA LETTRE 1° Madrid, 15 juin 1969 Très estimé monsieur : Comme j’avais déjà préparé les copies du rapport dont j’ai l’ordre de joindre les photocopies de quelques dessins, mais ils ne sortent pas bien, et d’autres sont un peu effacés, en particulier ceux qui étaient dessinés à l’encre et dont les dessins en couleurs sortaient très mal. 843 / 1373
Lettre Ummite#845