← Back to letters29/04/18 Une lettre jointe, sans signature et aussi dactylographiée avec le texte en espagnol, contenait une série d'instructions pour faire fonctionner le petit équipement. Il était nécessaire de le placer sur un tapis poreux (filtre) ou mousseux (Polystyrène expansé par exemple). Il n'y avait qu'à s'approcher de ce boîtier et prononcer (En appuyant les voyelles) la diphtongue "iiiiaaaa". Avec une certaine méfiance, je décidai de faire le test. Toute cette affaire me paraissait incohérente et étrange. Bien que l'idée qu'il pouvait s'agir d'un artefact explosif avec excitation acoustique soit passée par mon esprit, je repoussai sur le champ cette idée comme excessivement puérile et romanesque. Cependant, je crus prudent d'emporter avec moi l'appareil à la faculté et de ne pas faire part de mes craintes à mon épouse. Je me rappelle que c'était un lundi et à l'époque des vacances. (NdT: Ajout manuscrit "3-1-66" au dessus) Je demandai au concierge les clés du laboratoire, et me retrouvai à examiner et mesurer les dimensions de ce boîtier bien que je n'osai pas introduire un quelconque outil pour les perforations qui apparaissaient au dos. On n'entendait pas non plus un quelconque dispositif à l'intérieur. L'examen des orifices à la lumière d'une lampe ne montra aucune partie de quelque mécanisme. Au fond de l'un de ceux-ci et placée dans l'axe on semblait distinguer quelque chose comme une fine aiguille argentée ou chromée. A la fin, je me décidai à expérimenter les instructions. Je plaçai l'étrange dispositif sur une serpillière à essuyer la poussière, la seule que j'aie trouvé un peu lavée, et je prononçai les voyelles devant l'écran comme me le conseillait la note jointe. J'ai eu à le refaire deux autres fois en changeant la position de la bouche. L'écran s'est aussitôt allumé si brusquement qu'instinctivement je me suis éloigné de l'appareil. C'est là qu'apparaissait une image à l'évidence stéréoscopique de grande profondeur. Ça semblait être une préparation microscopique bien que mon attention fut attirée par le fait qu'au contraire de ce qui se passe avec la vision à travers l'oculaire d'un microscope banal, les différents plans du profond champ visuel, n'étaient pas perdus en mise au point, et qu'on y observait en totale netteté des détails dans tous leurs points. Evidemment il me fut impossible d'identifier la nature de l'image qui se mouvait activement sur l'écran. Une masse visqueuse semblait s'écouler transversalement à grande vitesse. Evidemment l'image enregistrait une préparation histologique visualisée avec un grand grossissement, bien qu'inférieur à ceux obtenus avec les microscopes électroniques. Le plus extraordinaire était la vision dynamisée du processus, la netteté de son chromatisme, et le relief parfait de l'image. Postérieurement j'ai su qu'il s'agissait de la visualisation de la synapse entre deux dendrites adjacentes correspondant à deux neurones en chaîne. La structure moléculaire de l'acétylcholine pouvait être distinguée de façon surprenante, puisque telle était la définition de l'image. Le plus ahurissant est qu'il ne s'agissait pas d'une image enregistrée par quelque procédé du type magnétoscopique (NdT: sic) ou cinématographique, mais du cours réel d'une préparation physiologique "in vitro" placée à l'intérieur de l'appareil ce qui suppose de disposer de technique inconnues pour empêcher la nécrose cellulaire du tissu étudié. Cette même nuit (NdT: Il y a une indication manuelle ajoutée au dessus : "Lundi 3-1-66") j'en revins à appeler l'inconnu. Je reconnus que j'étais très impressionné par l'expérience et le suppliai de me révéler l'identité des images vues à ce moment-là. En outre, je ne savais pas comment arrêter le fonctionnement de l'appareil. Il m'informa largement et en plus me guida sur comment je pouvais regarder trois autres images correspondant à autant d'autres préparations histologiques, contenues au sein de l'appareil qu'il appelait quelque chose comme "ulodooisagii" De plus il m'annonça qu'un individu étranger à tout cela, passerait par mon domicile pour le récupérer, après quarante huit heures. Le jour suivant (NdT: Indication manuscrite ajoutée : 4-1-66) je m'adressai à un ami pour lui demander une caméra de prise de vues de marque japonaise "Canon" sans lui expliquer la véritable raison. Il me la passa chargée après m'avoir guidé dans son fonctionnement. (Mes expériences photographiques n'ont jamais dépassé l'utilisation d'une "Contax" que j'emploie beaucoup dans le laboratoire). Je dispose depuis d'une bande d'environ sept mètres prise à la vitesse de 18 images seconde. sur laquelle sont rassemblés non seulement des vues diverses de l'appareil jointes à une règle graduée de référence mais aussi diverses séquences des processus physiologico-histologiques visualisés dans l'appareil. J'ai employé de la pellicule 848 / 1373
Lettre Ummite#850