← Back to letters29/04/18 boules de plus passèrent près du plafond en rasant la lampe et se postèrent dans le couloir de la maison. Ensuite après nous avoir demandé la permission, ils sortirent dans le couloir et on les entendit ouvrir la porte de la rue. Quand ils revinrent la valise était vide. Celui qui ne parlait pas espagnol manipulait une baguette métallique avec un disque au centre : (S-E3-4) A onze heures moins le quart, on frappa à la porte. Le plus étonnant est que, tout en étant en train de parler avec nous, Asoo 3 nous dit qu'elles étaient arrivées et, bien que je sache que le portail ne ferme que plus tard, ils me dirent qu'il n'était pas prudent qu'ils descendent pour les recevoir. Nous sortîmes ouvrir, très nerveux. Accompagnées par DEI 98 il y avait deux jeunes filles. Une très grande et l'autre beaucoup plus jeune et menue. Elles avaient des manteaux en daim très modernes de couleur marron pour la plus grande et vert paille pour la plus jeune. Nous savions déjà qu'il s'agissait de la supérieure car elle avait un sac à main, mallette en skaï ou plastique avec une inscription BEA des lignes aériennes. Elles n'avaient pas d'autres affaires. Les deux étaient blondes et la chevelure tombante. Elles portaient des vêtements très modernes mais discrets. La plus menue (qui était le chef) avait l'accent anglais et parlait très mal l'espagnol bien qu'elle le comprît. Elle se dirigea vers ma femme et lui dit qu'elle la remerciait de tout cœur pour l'hospitalité du "pays Espagne". Nous passâmes tous dans la salle à manger une fois que les deux messieurs furent partis. De toute ma vie je ne me suis jamais senti aussi gêné car au moment où nous nous sommes assis la demoiselle "Yu" un, ma femme et moi, la plus grande qui s'appelait quelque chose comme UUOO cent vingt et quelque chose et Dei 98 qui est l'homme qui m'a le plus impressionné dans ma vie par son intelligence infinie, restèrent debout, ce qui créa une situation pénible et à ce sujet je fais une critique, car bien qu'il s'agisse d'une de leurs coutumes de rester debout face à un supérieur, ils durent se rendre compte que ma femme et moi étions très gênés. Par exemple moi, à qui rien n'échappe, je notais que chaque fois qu'elle leur demandait quelque chose ils répondaient en baissant les yeux comme s'ils n'osaient pas la regarder. C'était presque une enfant, d'après ce que nous savons, elle ne devait pas avoir plus de dix-neuf ans mais en paraissait seize. L'autre devait avoir vingt-trois ou vingt-cinq ans. Ensuite ce qui nous choquait, ma femme et moi, c'est que ce soit la plus jeune qui commande et nous ne nous sommes pas gênés pour le leur dire. Les trois se mirent à rire et elle me dit qu'il ne fallait pas croire que toutes les jeunes filles commandaient sur UMMO, et que cela dépendait de nombreux facteurs. Nous parlâmes beaucoup des coutumes espagnoles. La seule chose qui lui répugnât était les taureaux. Elle nous posa beaucoup de questions sur le régime espagnol, elle était au courant de beaucoup de choses, du référendum et même des Cortès, et je lui dis que depuis la guerre où les rouges avaient tué mon père, nous n'aimions pas beaucoup parler de politique. Je fus stupéfait de ce qu'elle savait. Ma femme l'écoutait très intimidée, sans oser parler. Elle s'en rendit compte et avec beaucoup de douceur commença à parler de la cuisine espagnole et qu'elle était triste de savoir que les femmes espagnoles lisaient peu et qu'elles n'étaient pas formées intellectuellement comme les hommes, alors qu'elle était sûre que la féminité ne se perdait jamais avec une plus grande éducation. Ensuite, elle regarda l'autre en souriant et celle-ci ouvrit le sac et remit à ma femme une merveilleuse encyclopédie du foyer avec des planches en couleurs et en espagnol. Nous mangeâmes là et ma femme fut étonnée parce qu'ils l'obligèrent à se laisser aider par elles. Ce qui nous a étonné le plus c'est qu'ils mangèrent comme nous mais refusèrent de boire du vin. Ils nous avaient dit qu'ils désiraient un repas sobre et ma femme avait préparé à l'avance des pommes de terre bouillies, des œufs durs et pour eux des fruits (oranges et bananes). Autre chose gênante qui nous mit au supplice, à la fin du repas la supérieure se mit elle-même à faire la vaisselle et sa secrétaire demeura debout sans l'aider, c'est ce que me dit ma femme dont la timidité avait disparu et, pendant qu'elles séchaient la vaisselle, elles parlèrent 830 / 1373
Lettre Ummite#832