← Back to letters29/04/18 me suis pas risqué à l'emporter et sans la toucher avec la main, je l'ai jeté à la rivière. Mais il y en a encore car s'ils n'avaient pas retiré celle-ci ils n'avaient donc pas retirés les autres. Je crois que pour le moins, je sais où sont deux autres. De plus je sais où sont tombées les boules, à plus ou moins un mètre, et je ne les ai pas vues non plus les ramasser, comme je ne crois pas non plus que la rivière les ait entraînées. Je crois qu'en draguant le Rio il serait facile de les retrouver. Je pourrais vous raconter d'autres choses Madame Araujo, puisque nous sommes arrivés à connaître, ma femme et moi, celle qui fut la chef de tous les leurs dans ce monde et qui est venue à Madrid précisément avant qu'ils ne repartent tous vers Ummo dans trois soucoupes volantes. Tout ceci paraît fabuleux mais c'est réel et la presse l'a même publié le 2 juin de cette année. Sûrement vous me demanderez Madame Araujo ce que je pense de tout cela. Je ne peux pas douter maintenant à ce stade que ces Messieurs que j'ai connus, qui sont venus maintes fois chez moi, qui m'ont dicté des centaines de pages que parfois même ils illustraient ensuite, ne viennent de cette planète qu'ils appellent Ummo. Et je sais beaucoup de choses d'eux. Je sais par exemple qu'il y a dix-sept ans ils sont venus en France pour la première fois et que c'est là-bas qu'ils ont appris la langue et ont expliqué à d'autres toute l'histoire. De plus, pas seulement moi mais aussi ma femme, nous été témoin de choses étonnantes et je défie qu'un ingénieur les invente. Mais maintenant ils sont tous partis vers leur planète. S'il en reste un, je ne crois pas qu'il soit en Espagne. Vous ne croirez sûrement pas cela, même s'ils vous avaient parlé, mais sans les avoir vus, parce que tout ceci ressemble à un roman et c'est normal que l'on se méfie. Mais tout ceci a lieu parce que pour le moment je ne peux me dévoiler et clarifier tout cela. S'ils ne donnent pas signe de vie d'ici un an ou un an et demi, je crois que je dois me présenter aux autorités et à vous et à d'autres personnes pour que d'entre nous tous nous éclaircissions une affaire de si importance pour l'Espagne. Et non seulement je peux présenter des témoins mais aussi un de leurs appareils. J'ai aussi beaucoup de choses de notées, immatriculations de voitures, nom d'un hôtel où je sais qu'ils ont logé, nom d'un commerçant qui les connaissait comme touristes norvégiens, une pension où ils vécurent presque une semaine, des papiers à eux, des inventions qui peuvent être brevetés, et un architecte qu'à la fin j'ai découvert qui sait qu'ils sont de Ummo, et qui les aidait même s'il a eu le cynisme de le nier (je peux démontrer qu'il a au moins envoyé une fois un paquet en Australie). J'ai parlé avec lui et malgré ma promesse de silence il n'a pas eu l'honnêteté de le reconnaître. Qui peut me dire que je n'ai pas accompli ce qu'ils exigèrent de moi, mais tenez compte qu'avant de partir, ils auraient dû me donner des instructions précises et ne pas me laisser des doutes. Je ne crois pas leur porter préjudice s'ils sont réellement partis. Soyez sûr que s'ils étaient ici je serais incapable de faire quoi que ce soit leur portant préjudice. La preuve est que jusqu'à maintenant j'ai gardé le silence, de même que ma femme. Seulement deux familiers le savent aussi et personne d'autre de notre cercle de connaissances ou des vieux collègues de travail. Madame Ajaujo. J'ai quelques feuilles que j'ai dactylographiées, dictées pour vous. Vous me pardonnerez que je ne vous les aie pas envoyées, mais leur départ a bouleversé tout cela. Ensuite je suis parti deux fois en voyage, et vos papiers sont sans agrafage mélangé avec d'autres. Je me souviens qu'on vous envoyait à vous des choses de biologie qui est votre spécialité. Eux savaient toujours la spécialité de chacun, et leur envoyaient des choses de leur spécialité correspondante. J'espère ne pas vous avoir ennuyé avec une aussi longue lettre, moi quand je parle d'eux je m'enthousiasme et ne sais pas m'arrêter, et je saurais parler de cela des jours entiers. Avec raison on dit que la réalité dépasse parfois la fiction et le cinéma. Je reste votre bien dévoué... 841 / 1373
Lettre Ummite#843